Michel Devaux, un peintre, des patates

24 juillet 2020 à 12h23

Depuis le début des années 90, Michel Devaux a peint des centaines de toiles, et de dessins. Cet ancien publicitaire, dont la patate est devenue un motif récurrent, expose cet été ses toiles à la mairie de Plouider.

Il y a des sujets qu'on ne voit pas arriver. Et puis, au détour d'une veille d'actualité des Michel sur Google News (si, si), on tombe sur cet article du Télégramme : "Michel Devaux expose ses patates à la mairie de Plouider. Un Michel. Artiste peintre. Qui peint des patates. Notre service culture, inactif depuis la dernière expo de Michel Houellebecq (en 2016, où nous avions - sincèrement - été touchés par les photos de Clément, son petit corgi mort en 2011) s'est immédiatement mis en branle pour brosser le portrait de cet artiste dont on ne connaissait rien.

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Doyen du Salon de Montrouge

On va le dire tout de suite : à Radio Michel, on aime beaucoup le travail de Michel Devaux. A 88 ans, cet ancien publicitaire est resté amateur d'art jusqu'à l'aube de ses 60 ans, sans passer de l'autre côté. Et c'est à la retraite que, grâce aux cours du soir des Beaux-Arts de Paris, Michel Devaux a appris la peinture. Résultat : en 2011, il fait partie de la sélection du célèbre Salon de Montrouge, principal salon pour révéler les jeunes artistes. Lui a alors... 79 ans, il en est de loin le doyen ! 

Le langage pictural de Michel Devaux se compose essentiellement... de patates. Des patates munies de bras et de jambes, des patates dans la vie de tous les jours, des patates comme vous et nous, peut-être même des patates qui s'appellent Michel. Avec elles, Michel Devaux parle de notre monde, un monde de masse où au fond, chacun est, certes, un individu, mais surtout, une part d'un immense collectif. 

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Effet de masse

Les patates anonymisent l'individu pour mettre en avant l'effet de masse, les relations entre les personnages de ses tableaux. Souvent, les patates sont mises en scène dans le cadre professionnel, ou en tout cas dans un cadre social précis : photos de groupe, chez le psy, dans le métro, en soirée mondaine. Les patates anonymisent les gens, ne restent plus que les relations, les activités, le tout gorgé de couleurs et de formes nettes, un restant du passé de publicitaire de Michel Devaux. 

Les autres moyens d'expression de Michel Devaux véhiculent cette même idée : ses "Quidams" ont une forme plus humaine, mais n'ont pas de visage. Et dans sa série des villes, l'immensité des paysages donne l'impression que les êtres humains seraient si petits qu'ils seraient invisibles. Avec ces images amusantes, un brin surréalistes et pas dénuées de poésie (les teintes de ses tableaux font penser à celles des oeuvres de Jean-Michel Folon ou d'un autre Michel, Granger), Michel Devaux marque l'art... et les patates !

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