Michel Sardou

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Date de naissance 26 janvier 1947(73 ans)Paris, France
Genre Variété française
Activité Chanteur, parolier, compositeur
Instruments Piano, guitare
Années actives Depuis 1965
Site officiel

Michel Sardou [mi??l sa?du] , né le à Paris, est un chanteur et comédien français.

Fils des comédiens Fernand Sardou et Jackie Sardou, et petit-fils de Valentin Sardou, Michel Sardou est le descendant d'une tradition familiale dans le monde du spectacle depuis le milieu du XIXe siècle. Auteur de nombreux succès, il compte parmi les chanteurs français les plus populaires.

Après des débuts difficiles chez Barclay Records, Sardou connaît un début de notoriété, en 1967, avec Les Ricains, d'autant que la censure qui frappe la chanson attire l'attention sur lui. Ce n'est cependant qu'au début des années 1970 que sa carrière connaît un véritable second départ. Il enchaîne alors les succès et devient en quelques années l'un des artistes les plus appréciés du public. Si à partir des années 1990 les tubes se font moins nombreux, sa popularité demeure intacte et il établit souvent des records de fréquentation lors de ses tournées et concerts parisiens. Depuis la fin des années 2000, il accorde une place de plus en plus importante à ses activités de comédien de théâtre.

Michel Sardou développe tout au long de sa carrière une identité artistique singulière, du fait de la grande diversité des thèmes abordés dans ses chansons. Bien qu'il récuse le terme de « chanteur engagé », les nombreux regards qu'il lance sur la société ont divisé la classe médiatique et les commentateurs à de multiples reprises, déclenchant plusieurs controverses dans les années 1970 et s'attirant les foudres de nombreuses associations, politisées ou non, et principalement du Mouvement de libération des femmes (MLF).

Il subit des polémiques qui, toutefois, n'ont jamais affecté son succès puisqu'il a enregistré, en cinquante ans de carrière, 26 albums studio et 18 albums live, réunissant un total de plus de 350 chansons, et reçu quatre Victoires de la musique. Michel Sardou a vendu plus de 100 millions de disques,,, ce qui le classe parmi les plus grands vendeurs de disques français.

Biographie

Origines et enfance

Michel Sardou naît le à Paris, à 14 heures, dans une clinique de la rue Caulaincourt située dans le 18e arrondissement. « Enfant de la balle », fils unique de la danseuse et comédienne Jackie Sardou et du chanteur et comédien Fernand Sardou, petit-fils de Valentin Sardou, il est l’héritier d’une longue tradition familiale dans les métiers du spectacle. Il est d'origine provençale par son père et parisienne par sa mère. Ses grands-parents paternels étaient en effet comiques de scène à Marseille et sa grand-mère maternelle était danseuse de cabaret dans la capitale. Frédéric Quinonero émet l'hypothèse que le nom « Sardou » renverrait à « sarde », une langue parlée en Sardaigne.

Très jeune, il est élevé dans le petit village de Kœur-la-Petite dans la Meuse par une nourrice qui exerce la profession de garde-barrière, Marie-Jeanne, à qui il dédie la chanson Marie ma belle en 1994. Mais cette existence ne dure pas, et il passe son enfance à suivre ses parents dans les cabarets parisiens où ils se produisent et assiste à leurs tournées, ce qui représente une passion pour lui.

Alors pensionnaire au collège du Montcel, établissement privé luxueux de Jouy-en-Josas, sa situation scolaire peu brillante et la vie qu'il mène, entre coulisses et salles de spectacles, le poussent petit à petit à envisager d'arrêter ses études qui ne l'intéressent pas. En 1964, âgé de dix-sept ans, après avoir passé la première partie de son baccalauréat, il projette de s'enfuir au Brésil afin d'y monter une boîte de strip-tease. Son père le rattrape de justesse à l'aéroport.

Durant la première partie des années 1960, Michel Sardou chante dans différents cabarets de Montmartre, dont celui de Patachou (mère de l'auteur-compositeur Pierre Billon, avec qui il se lie d'amitié et avec lequel il collabore à partir des années 1970). Il officie également le soir comme serveur-artiste (1963) et chanteur (1964-1965) au cabaret Chez Fernand Sardou ; dans la journée il prend des cours de théâtre chez Raymond Girard puis chez Yves Furet.

C'est au théâtre du Châtelet qu'il rencontre la danseuse Françoise Pettré, avec laquelle il se marie en 1965 à l'église Saint-Pierre de Montmartre.

Les débuts (1965-1970)

Après avoir tourné en tant que figurant dans le film Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1965, Michel Sardou décroche un premier contrat avec la maison de disques Barclay Records. Il débute dans la chanson la même année avec le 45 tours Le Madras coécrite avec ses amis Michel Fugain et Patrice Laffont. Cette chanson qui est une charge contre le mouvement hippie lui offre un premier passage à la télévision, durant lequel il est confronté à un jury, dans lequel figure l'acteur Jean Yanne. Ces derniers ne l'estiment pas capable de percer dans le monde de la chanson, et la sortie du Madras passe incognito. S’ensuit une série de 45 tours qui, petit à petit, lui donnent un début de notoriété, sans pour autant rencontrer de véritable succès commercial.

En 1966, il fait la rencontre de Jacques Revaux, qui devient son plus fidèle collaborateur et le compositeur de nombreuses chansons, dont beaucoup figurent parmi les classiques de son répertoire. Mais la même année, il est arrêté par les gendarmes, pour avoir oublié de répondre au recensement militaire, dans la salle de Bobino où il assure la première partie du spectacle de François Deguelt. Conduit à la caserne de Montlhéry, il doit alors assumer dix-huit mois de service militaire. Cette expérience lui inspire, cinq ans plus tard, la chanson satirique Le Rire du sergent.

Sa carrière est réellement lancée en 1967, avec le titre Les Ricains, aussitôt censuré : alors que la France est sortie du commandement intégré de l’OTAN un an plus tôt, et que la guerre du Viêt Nam provoque une vague d’antiaméricanisme, Michel Sardou chante le devoir de reconnaissance envers les États-Unis sans qui, affirme-t-il, « vous seriez tous en Germanie / À parler de je ne sais quoi / À saluer je ne sais qui », claires allusions à la Libération de 1944 par les forces alliées. La chanson n'est pas du goût du Président de la République Charles de Gaulle qui recommande sa non diffusion à l'ORTF, le refrain étant notamment perçu comme une critique de la ligne géopolitique gaullienne. Un gendarme intervient même à Europe n°1 pour se saisir du 45 tours.

Cet épisode confère au chanteur une notoriété nouvelle mais encore fragile. Entre 1967 et 1970, il peine toujours à rencontrer un franc succès ; seule la chanson Petit, en 1968, obtient un succès d'estime. Devant l’enchaînement de 45 tours au succès très mitigé, Eddie Barclay décide en 1969 de résilier son contrat, ne l'estimant « pas fait pour ce métier ». Le même jour, Barclay licencie également Pierre Perret.

Le , Michel Sardou signe avec la maison de disque Tréma, un label discographique créé la même année par Jacques Revaux et Régis Talar afin de poursuivre la production de ses disques. Sa première fille, Sandrine, naît le .

L'ascension (1970-1975)

En 1970, il atteint véritablement le statut de vedette. Il enregistre l'album J'habite en France, dont est extrait le 45 tours qui devient son premier grand succès radiophonique et commercial : Les Bals populaires. Alors qu’il n'en voulait initialement pas, cette chanson le place en première place du hit-parade et termine quatrième plus gros succès de l'année 1970. Plus tard dans l'année, les titres J’habite en France et Et mourir de plaisir, extraits du même album, s'imposent aussi comme de grands succès.

Le style de l’album J'habite en France, qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros remis par le Président de la République Georges Pompidou en 1971, vaut à Sardou d'être classé dans la catégorie « chanteur populaire ». La chanson du même nom l’impose même comme le chanteur de la « France profonde » aux yeux des médias. C’est une image dont il peine à se défaire au cours de sa carrière, bien qu’il ne se soit pas éternisé dans le registre de la chanson à boire.

Les Bals populaires ouvrent cependant la voie à une décennie de succès permanent : à chaque sortie d’album, Sardou se hisse dans les premières places du hit-parade. C’est le cas avec Le Rire du sergent (1971), Le Surveillant général (1972), et en 1973, avec La Maladie d'amour. Cette chanson reste à ce jour son plus gros succès radiophonique, l'album du même nom restant 21 semaines en tête des ventes, un record pour l'époque. Cette réussite est confirmée avec le succès rencontré par les chansons qui suivent : Les Vieux Mariés, Les Villes de solitude (1973), Une fille aux yeux clairs (1974).

En 1971, Michel Sardou se produit pour la première fois à l'Olympia. Mais parallèlement à sa popularité, le chanteur fait l’objet de polémiques de plus en plus vives. Des voix féministes, dont le Mouvement de libération des femmes, s’élèvent contre les chansons Les Villes de solitude, où Sardou se mettant dans la peau d'un homme sous l'emprise de l'alcool, chante « J'ai envie de violer des femmes, de les forcer à m'admirer » et Les Vieux Mariés, au ton perçu comme patriarcal en raison des vers suivants : « Tu m'as donné de beaux enfants, tu as le droit de te reposer maintenant ». Ces militantes manifestent fréquemment devant les salles où le chanteur doit se produire.

Sa seconde fille Cynthia voit le jour le . Un fils, Romain, lui naît le de sa relation avec Élizabeth Haas, dite « Babette », qu'il épouse par la suite en 1977.

Durant l'été 1974, Johnny Hallyday et Michel Sardou se produisent ensemble, le 3 août, aux arènes de Béziers et le 28 août à la patinoire de Genève. L'ordre d'entrée en scène est joué aux dés par les deux protagonistes : Sardou joue en première partie et Hallyday assure la seconde. Il le rejoint pour le final et pour La Musique que j'aime et Johnny B. Goode interprétés en duos.

Le chanteur se produit une deuxième fois à l'Olympia du au , spectacle dont Carlos assure la première partie.

En novembre 1975, sort le 45 tours Le France, chanson dans laquelle Sardou s'exprime au nom du paquebot du même nom, à cette époque amarré à un quai du port du Havre, alors que le gouvernement de Jacques Chirac a annoncé mettre fin à la prise en charge de son déficit : « Ne m'appelez plus jamais France / La France, elle m'a laissé tomber », chante-t-il. La chanson, qui devient par la suite un classique de son répertoire, se vend à plus d’un million d’exemplaires et lui vaut d'être salué par les syndicats et le Parti communiste français, malgré son image de chanteur engagé à droite et les hostilités qui les avaient déjà séparés. En signe de rétorsion, Valéry Giscard d'Estaing lance contre lui une procédure de redressement fiscal, comme l'explique plus tard le chanteur. Cette chanson précède un album - La Vieille - qui, malgré son succès, cause au chanteur de forts désagréments.

Succès et controverses (1976-1977)

Le père de Michel Sardou, Fernand Sardou, meurt le .

Au début de la même année, Sardou se lance dans l'édition d'un magazine, M.S. Magazine, dans un esprit de rivalité et même de polémique avec Claude François qui a repris Podium et en a fait un magazine à succès. Cinq numéros paraissent entre le 1er janvier et le mois de juin 1976. Après avoir suscité moqueries et controverses, le journal disparaît dans l’indifférence générale. C'est un gouffre financier pour Sardou, qui y a investi plus de deux millions et demi de francs.

À l'été 1976, la chanson Je vais t'aimer, deuxième extrait de l'album à paraître, vaut à Sardou un nouveau très gros succès et s'impose comme l'un des titres les plus importants de sa carrière. Le , dans le cadre des célébrations de la fête nationale, Sardou se produit à Strasbourg devant plus de 150 000 spectateurs, accompagné par un orchestre dirigé par Jean Claudric et composé de cent musiciens. L'événement est retransmis en direct sur Europe n°1 et sur FR3.

En outre, malgré le grand succès public de l'album La Vieille - qui dépasse le million d'exemplaires vendus -, plusieurs titres issus de cet opus suscitent la polémique : J’accuse, Le Temps des colonies et surtout Je suis pour lui valent de nombreux déboires.

Avec Le Temps des colonies, Sardou se voit accusé de faire l’apologie d’un colonialisme primaire et raciste. Les radios refusent de diffuser le titre, sauf France Inter, qui ne le passe qu’une seule fois. Le quotidien Libération commente alors au sujet de la chanson : « Le fascisme n’est pas passé et Sardou va pouvoir continuer à sortir ses sinistres merdes à l’antenne ». Face aux incompréhensions que la chanson suscite, Sardou demande lui-même le retrait de sa commercialisation en format 45 tours.

Le caractère social des chansons de l'album s’étend jusqu'à Je suis pour, chanson qui évoque un père dont l’enfant a été assassiné et qui clame à cor et à cri : « Tu as tué l’enfant d’un amour / Je veux ta mort, je suis pour ». Le titre sort en pleine affaire Patrick Henry et met définitivement le feu aux poudres, Sardou se voyant accusé de faire l’apologie de la peine de mort. Le chanteur s’en est pourtant toujours défendu en prétendant illustrer la loi du talion.

Alors que le chanteur semble se positionner nettement à droite, ses principaux détracteurs sont Libération, Rouge et Le Quotidien du Peuple, trois journaux marqués à gauche. Sardou déchaîne des batailles éditoriales, comme dans les colonnes de L'Humanité, mais il suscite également de profondes interrogations sur le sens sociologique de son succès. Dans Rouge, on peut lire par exemple : « Le propre d’un chanteur comme Sardou est d’être parvenu à donner forme à une chanson réactionnaire, au sens fort du mot. Il exprime les effets de la crise des valeurs et de l’idéologie traditionnelle sur ceux qui ne sont pas prêts à remettre présentement celle-ci en cause ».

Les pro et les anti-Sardou, journalistes comme artistes, font entendre leur voix. Ses soutiens écrivent dans les colonnes du Figaro, de Paris Match ou du Monde. Plusieurs artistes, pourtant engagés à gauche, le soutiennent, comme Yves Montand, Serge Reggiani, Bernard Lavilliers ou encore Maxime Le Forestier, au nom de la liberté d'expression. Le , l'écrivain et polémiste Jean Cau prend la défense de Sardou dans Paris Match, dans un style teinté d'ironie à l'égard de ses détracteurs, et rapportant le climat de violence qui règne alors autour du chanteur.

Début 1977, un comité « anti-Sardou » se forme sous l'impulsion du journaliste belge Bernard Hennebert, se donnant pour but d’empêcher le chanteur de donner ses récitals au cours de la tournée qui commence en février 1977. Des manifestations sont organisées en province contre sa venue, les manifestants l’accueillent par des insultes à son arrivée, peignent des croix gammées sur les véhicules de sa caravane, distribuent des tracts très virulents. Le , une bombe artisanale est même retrouvée dans la chaufferie de Forest National, à Bruxelles. Michel Sardou prend la décision d’annuler les deux derniers concerts de sa tournée.

En 1978 paraît un opuscule intitulé Faut-il brûler Sardou ? écrit par Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, dans lequel ils accusent Sardou d'accointances avec l'extrême droite.

Vers un Sardou plus consensuel (1977-1980)

Devant l'ampleur des événements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson à caractère social ? sans y renoncer pour autant, comme en témoignent les chansons Le Prix d'un homme et Monsieur Ménard, extraits de l'album Je vole (1978), qui évoquent respectivement un enlèvement (l'actualité de cette année-là est marquée par l'enlèvement d'Aldo Moro en Italie ou encore celui du baron Empain en France) et la violence scolaire (un professeur frappé par un élève).

En 1977, il sort un album à nouveau dominé par la chanson d'amour qui lui vaut quelques sommets dans les hit-parades : La Java de Broadway, qui s'écoule à plus d'un million d'exemplaires et contient notamment la chanson éponyme ainsi que le single le plus vendu de toute sa carrière, succès de l'été 1977, le slow Dix ans plus tôt, dont les ventes dépassent 1,3 million d'exemplaires. Ce 33 tours, comme celui de 1978 Je vole, lui permettent d’enregistrer des records de vente, prouvant que les événements liés à l'album précédent n’ont pas altéré sa popularité. Les tubes En chantant et Je vole manifestent un retour à la thématique de l'enfance, voire à l'introspection. À propos d'En chantant, il déclare : « J'avais besoin d'une vraie chanson populaire, facile à entendre et simple à retenir. Les chansons de combat commençaient à me fatiguer. J'avais dans l'idée de changer de métier. J'étais malade, et aucun médecin ne savait de quoi je souffrais. Quelqu'un m'a conseillé de partir en voyage ; en m'assurant que j'allais m'ennuyer partout, mais qu'en rentrant je serais guéri. Je suis parti ».

Sardou se marie avec Babette en octobre 1977. Son quatrième et dernier enfant, Davy, naît le .

Du 28 octobre au 29 novembre 1978, il se produit pour la première fois au Palais des congrès de Paris. Le Temps des colonies figure au programme, mais ni J'accuse ni Je suis pour, l'artiste ayant définitivement renoncé à l'interpréter sur scène.

Les albums de 1979 (Verdun) et 1980 (Victoria), qui poussent plus loin cette logique intimiste et personnelle, affichent moins de tubes et moins de titres sortis en 45 tours. Des rumeurs circulent d’ailleurs un temps sur une éventuelle maladie grave, car Sardou se fait plus rare dans les médias.[réf. nécessaire]

En 1980, il participe à la création de la comédie musicale Les Misérables, interprétant la chanson À la volonté du peuple en prêtant sa voix à Enjolras, personnage du roman de Victor Hugo. D'après son propre témoignage, il souhaitait incarner le personnage sur scène mais Robert Hossein, le metteur en scène, ne voulait pas de vedette dans la distribution.

Une popularité toujours croissante (1981-1991)

Pendant les années 1980, Michel Sardou voit sa popularité se pérenniser. Tout au long de cette décennie, il produit de nombreux tubes, aidé par la diffusion radiophonique importante, avant chaque sortie d'album, d'une chanson rythmée représentant le nouvel opus (Afrique adieu, Chanteur de jazz, Musulmanes, La même eau qui coule?). L'album de 1981 (qui contient deux de ses plus grands succès : Les Lacs du Connemara et Être une femme) entre au Livre Guinness pour le niveau de ses ventes.

En outre, la fréquentation de ses spectacles, au Palais des congrès de Paris puis, à partir de 1989, au Palais omnisports de Paris-Bercy, est sans cesse croissante. Il se produit la plupart du temps à guichets fermés et bat des records de durée dans plusieurs salles. Les chiffres qu'il établit le classent toujours parmi les chanteurs français les plus populaires. Paraissant plus consensuel, même ses titres les plus « engagés » (le chanteur réfute encore et toujours ce qualificatif) sortis au cours de cette décennie ne suscitent que peu d'émoi.

Que ce soient Vladimir Ilitch (1983), à la fois hommage aux idéaux de Lénine et dénonciation des dérives du régime communiste en URSS, Les Deux Écoles (1984), qui évoque l’opposition école libre / école publique au moment du projet de loi Savary, ou Musulmanes (1986), regard amer sur la condition de la femme dans les pays arabes, ces chansons rencontrent plus de succès que de polémique. Avec cette dernière chanson, qui rend avant tout hommage aux femmes musulmanes, Sardou permet également d'éloigner de lui les suspicions de racisme portées contre lui après Le Temps des colonies, d'autant qu'il précise refuser l'amalgame entre musulmans et « talibans ou poseurs de bombes », qui commencent à sévir dans les années 1980. Il déclare le  : « Je regrette que des gens bruyants stigmatisent une communauté à des fins électoralistes. J'avais écrit Musulmanes pour rendre hommage à une civilisation, une culture déjà montrée du doigt à l’époque. Mais là, ça devient dément ».

Il participe à deux reprises au rallye Paris-Dakar, en voiture, comme co-pilote de Jean-Pierre Jabouille, en 1984 et en 1985, sans jamais parvenir toutefois à terminer la course. Cette expérience au cœur des paysages sahariens est à l'origine de l'écriture de la chanson Musulmanes,.

En 1987, Michel Sardou obtient la reconnaissance de la profession en recevant aux Victoires de la musique la Victoire de la chanson originale pour Musulmanes. Il fait son premier passage sur la scène du Palais omnisports de Paris-Bercy en 1989. Lors de la tournée de cette année, chaque représentation parisienne se termine alors par une mise en scène de Robert Hossein impliquant plus de cent figurants sur la chanson Un jour la liberté, écrite spécialement pour commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Au terme de la tournée, le , il reçoit une Victoire de la musique pour avoir fédéré le plus grand nombre de spectateurs.

L'opus Le Successeur paru en 1988, malgré son million d'exemplaires vendu, n'affiche pas de succès probant bien que deux titres soient parus en singles (La même eau qui coule et Attention les enfants? danger).

À la fin des années 1980, il participe à plusieurs œuvres caritatives. En 1989, il figure dans la chanson humanitaire de Charles Aznavour Pour toi Arménie, parue quelques mois après le séisme du 7 décembre 1988 ayant violemment frappé l'Arménie, parmi de nombreuses personnalités françaises. Il y interprète un couplet entier. Sardou, qui était un ami de Coluche et était présent le jour de la création des Restos du Cœur, participe également avec Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell à la première tournée des Enfoirés, en 1989. Dans le documentaire Qui êtes-vous Michel Sardou ? de Mireille Dumas diffusé en 2012, il affirme avoir donné « dix briques », soient 100 000 francs, à Coluche pour le lancement de l'association. Il participe à nouveau aux Enfoirés en 1998, 2004 et 2005.

Un succès plus discret, mais un public toujours fidèle (1991-2001)

Dans les années 1990, Michel Sardou se fait plus discret sur les ondes. S'agissant des controverses qu'il suscite, elles semblent s'être étiolées, et il n'y a guère que Le Bac G (1992), chanson sur le système éducatif français, qui génère des réactions polémiques.

L'album Le Privilège (1990) affiche trois singles (Marie-Jeanne, Le Privilège et Le Vétéran) et s'écoule à presque un million d'exemplaires. Cet album ainsi que la tournée qui suit (Bercy 91) lui valent la Victoire de la musique du Meilleur interprète masculin. La chanson Le Privilège est généralement perçue comme un démenti aux accusations d’homophobie portées à son égard, dans la mesure où Sardou reconnaît l'avoir chantée pour « dénoncer l'amalgame entre homosexualité et perversion ».

Deux ans plus tard, en 1992, la chanson Le Bac G issue de l'album du même nom crée une polémique. Les vers « Vous passiez un bac G / Un bac à bon marché / Dans un lycée poubelle / L'ouverture habituelle des horizons bouchés? / Votre question était "Faut-il désespérer ?" » sont perçus comme une provocation adressée au ministre de l'Éducation nationale Lionel Jospin, qui déclare qu'il se refuse à discuter avec un « saltimbanque », terme que Sardou qualifie de « titre de noblesse ». Le secrétaire d'État à l'enseignement technique, Jacques Guyard, prend la défense du bac G (correspondant aujourd'hui à la filière technologique) et le qualifie de « bon bac ». Certains enseignants dénoncent également une démarche démagogique, voire réactionnaire. Le texte de la chanson est inspiré par un éditorial de Louis Pauwels paru dans Le Figaro Magazine et intitulé « Lettre à l'être », dans lequel l'auteur exprime ses regrets de ne pas avoir pu répondre à un jeune lui demandant : « Faut-il désespérer ? ».

Les albums Selon que vous serez, etc., etc. (1994) et Salut (1997), malgré leur bon niveau de ventes, donnent peu de tubes, mis à part la chanson Salut qui se veut un hommage au public pour ses trente ans de fidélité. Cet album contient aussi le titre Mon dernier rêve sera pour toi où il « s'offre » Johnny Hallyday et Eddy Mitchell en tant que choristes, et qui, selon Sardou lui-même, s'inspire des ennuis de l'homme d'affaires Bernard Tapie qui connaît alors des démêlés avec l'administration fiscale,.

La relative discrétion du chanteur, par rapport aux deux décennies qui ont précédé, s’explique en partie par sa rupture avec ses principaux collaborateurs (Pierre Delanoë pour les paroles et Jacques Revaux pour les compositions), ainsi que par une priorité nouvelle donnée à ses activités d'acteur. Après avoir joué dans le film Promotion canapé en 1990, il joue dans plusieurs téléfilms. En 1996, il foule pour la première fois les planches en tant que comédien dans la pièce Bagatelle(s), modernisation de la pièce britannique de Noël Coward Joyeux Chagrins (1939), mise en scène par Laurent Chalumeau. En 1999, avec la pièce Comédie privée, il joue pour la première fois en compagnie de Marie-Anne Chazel, qu'il retrouve par la suite à plusieurs reprises sur les planches.

S’il se distingue moins à la radio, Sardou rencontre toujours le même succès sur scène, et bat plusieurs records de fréquentation. Du au , il se produit sur la scène de l'Olympia pour 113 représentations jouées à guichets fermés, ce qui constitue un record de longévité pour cette salle. Il obtient par ailleurs, en 1999, la Victoire de la musique du plus grand nombre de spectateurs rassemblés au terme d'une même tournée pour les près de 575 000 personnes réunies au Palais omnisports de Paris-Bercy et à travers la France.

En juin 1999, Babette et Michel Sardou divorcent après près de 22 ans de vie commune. Il se marie une troisième fois le avec l'ancienne rédactrice en chef du magazine Elle Anne-Marie Périer.

L'album Français sort en 2000. La plupart des chansons sont coécrites avec son ami Michel Fugain (l'opus propose par ailleurs une reprise du titre de Fugain Je n'aurai pas le temps). Sa sortie précède une tournée faisant une nouvelle fois escale à Paris-Bercy pour 18 représentations. La tournée rencontre à nouveau le succès et à son terme, Michel Sardou annonce vouloir mettre fin à sa carrière de chanteur. Un différend l'opposant à sa maison de disque, le chanteur rompt avec Tréma le , une démission rendue effective au par décision judiciaire.

Le renouvellement (2001-2009)

Après la tournée de 2001, Sardou semble en effet s'être retiré de la scène musicale pour se consacrer à ses activités de comédien et de directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin, qu'il achète en 2001. Sur la saison 2001-2002, il y joue le rôle principal de la pièce L'Homme en question en compagnie de Brigitte Fossey et sous la direction de Félicien Marceau. Pour André Lafargue du Parisien, sa prestation de comédien s'avère peu convaincante. Il revend l'année suivante ses parts du théâtre à son associé et producteur, Jean-Claude Camus.

En 2004, il signe un contrat auprès de la major du disque Universal Music, ce qui permet la sortie d'un nouvel album intitulé Du plaisir ainsi que sa participation en tant que parrain à l'émission Star Academy diffusée sur TF1. Michel Sardou reprend la scène avec une nouvelle tournée s'étendant jusqu'en 2005, passant notamment par le Palais des sports de Paris et l’Olympia à Paris, en province, en Belgique (où il est fait officier de l'ordre de la Couronne à l'occasion), en Suisse et au Québec. Ce retour est couronné de succès : son nouvel opus se vend à plus de 1,2 million d'exemplaires et obtient la certification disque de diamant. Le duo avec le chanteur québécois Garou, La Rivière de notre enfance, lui ouvre à nouveau les portes des principales radios musicales généralistes. Il est ainsi le chanteur le mieux payé de France de l'année 2004, avec des revenus s'élevant à 3,7 millions d'euros.

Son premier double album, Hors format, sort le . Il comprend vingt-trois nouvelles chansons dont un duo avec Chimène Badi, Le Chant des hommes, et le single Beethoven. Hors format atteint les 400 000 exemplaires vendus et reçoit la certification double disque de platine. En 2007, lors d'une conférence de presse pour la présentation de sa tournée, il annonce que celle-ci sera « la dernière ». Il est au Zénith de Paris du 25 avril au et en tournée en France, Belgique et Suisse, du au .

À partir de la fin des années 2000, Il accorde une importance supplémentaire à ses activités de comédien ; ainsi, il est, à partir du , au théâtre des Variétés dans la pièce Secret de famille d'Éric Assous, avec son fils Davy Sardou et Laurent Spielvogel. La pièce est jouée jusqu'à fin avril 2009. En septembre 2009, la troupe entame une tournée en France, en Belgique et en Suisse.

Nouvelles tournées et théâtre (2010-2016)

L'album Être une femme 2010 sort le . La chanson éponyme, remixée par le DJ Laurent Wolf, et Et puis après sont les singles de cet opus qui inclut également un duo avec Céline Dion, Voler. En septembre 2014, il reconnaît que ce duo n'a pas été une bonne expérience personnelle, du fait que les deux chanteurs ont dû enregistrer leurs parties séparément et que le clip a été réalisé sans lui.

Le chanteur se produit à l'Olympia du 13 janvier au , puis il tourne, du 11 février au , à travers la France, la Belgique et la Suisse. Sa tournée s'achève au Palais des sports de Paris, où il chante du 11 mai au . En mars 2011, il annonce sur son site se séparer de son producteur Jean-Claude Camus, pour retravailler avec Gilbert Coullier.

Le , il débute au Havre une nouvelle tournée intitulée Les Grands Moments, suite à la parution d'un best-of identiquement nommé le . Prévue pour durer jusqu'en décembre 2013, la tournée le conduit à travers la France, la Belgique, la Suisse, le Canada, le Luxembourg, Monaco et le Liban. Elle compte trois dates au Palais omnisports de Paris-Bercy en décembre 2012 et cinq à l'Olympia en juin 2013. Après ces trois représentations à Paris-Bercy, il devient l'artiste ayant ressemblé le plus grand nombre de spectateurs dans cette salle, dans laquelle il totalise par ailleurs 91 représentations, ce qui constitue également un record avant d'être dépassé par Johnny Hallyday qui compte à sa mort 101 concerts donnés dans cette même salle. Les concerts parisiens précédent une tournée d'été et d'automne, mais des ennuis de santé contraignent le chanteur à annuler, en novembre 2013, les dernières dates du tour Les Grands Moments. À la suite de ces problèmes, il déclare « faire une pause » dans la musique.

À partir du , il est à l'affiche d'une nouvelle pièce de théâtre jouée à la Comédie des Champs-Élysées et intitulée Si on recommençait, écrite par Éric-Emmanuel Schmitt et mise en scène par Steve Suissa. Il partage les planches avec, entre autres, Anna Gaylor (initialement, Françoise Bertin tenait le rôle mais, souffrante, elle fut hospitalisée après quelques représentations avant de décéder le ) et Florence Coste.

La bande originale du film d'Éric Lartigau La Famille Bélier sorti en décembre 2014 est quasiment exclusivement composée de chansons du répertoire de Michel Sardou, interprétées notamment par Louane, actrice principale de la comédie. La chanson Je vole est, selon la scénariste Victoria Bedos, au fondement du scénario. Le film rend hommage au passage à l'œuvre du chanteur (Éric Elmosnino, qui incarne le professeur de musique, déclare ainsi dans le film que « Michel Sardou est à la variété française ce que Mozart est à la musique classique : intemporel. »).

Du au , il est de retour sur les planches au théâtre de la Michodière pour la pièce Représailles écrite par Éric Assous, mise en scène par Anne Bourgeois et dans laquelle il partage l'affiche avec Marie-Anne Chazel. Après un grand succès à Paris, la pièce est ensuite jouée, d'octobre 2016 à février 2017, en tournée en France, en Belgique et en Suisse.

Adieux à la chanson, La Dernière Danse et retour au théâtre (depuis 2017)

Michel Sardou annonce le au journal télévisé de TF1 une nouvelle et dernière tournée de chansons intitulée La Dernière Danse. Il précise toutefois que ce n'est pas une tournée d'adieu, mais plutôt de remerciement pour un public qui le suit depuis cinquante ans.

Son 26e album, intitulé Le Choix du fou, paraît le et contient dix titres inédits, dont huit sont signés ou cosignés avec Pierre Billon. L'album prend la tête des ventes lors de sa deuxième semaine d'exploitation. Le succès concomitant de Sardou et nous, album de reprises de ses chansons par de jeunes artistes, s'inscrit dans une certaine redécouverte de son répertoire qu'illustre aussi La Famille Bélier, auprès d'un public plus jeune. Lui-même raconte : « Maintenant, j'ai une clientèle qui va de cinq à douze ans, ».

Le , France 2 diffuse Michel Sardou - Le Dernier Show, une émission présentée par Stéphane Bern et dans laquelle Michel Sardou donne ce qui est annoncé comme sa dernière prestation musicale télévisuelle. Le programme attire près de 4,1 millions de téléspectateurs, se plaçant ainsi en tête des audiences de la soirée. Le 20 décembre 2017, France 3 diffuse le documentaire de Laurent Luyat Michel Sardou - Le Film de sa vie, dans lequel le chanteur revient sur sa carrière avec des archives télévisées inédites.

Après une tournée dans les festivals en été et une tournée à l'automne en province, en Belgique et en Suisse, Michel Sardou se produit à La Seine musicale, nouvelle salle de l'ouest parisien située dans la ville de Boulogne-Billancourt, du au . Le chanteur confie la production de ce nouveau projet à Thierry Suc,. Le dernier concert à La Seine musicale est finalement donné le après ajout de plusieurs dates, sans adieu pour autant, l'artiste voulant désormais se consacrer exclusivement au théâtre,. L'album live de cette tournée, enregistré à La Seine musicale les 11 et 12 avril 2018 et intitulé La Dernière Danse, paraît le .

À partir du , il figure en tête d'affiche de la pièce N'écoutez pas, mesdames ! de Sacha Guitry, créée au théâtre de la Madeleine en 1942, au théâtre de la Michodière, avec notamment Nicole Croisille pour partenaire.

Vie privée

Michel Sardou se marie avec Françoise Pettré en 1965, alors qu'il est âgé de dix-huit ans, pour s'émanciper de l'autorité parentale, la majorité étant à l'époque établie à vingt et un ans. Leur première fille, Sandrine, naît le et la seconde, Cynthia, le . Ils divorcent en 1977.

Il se marie une deuxième fois, le 14 octobre 1977, avec Elizabeth Haas, dite « Babette » (sœur de l’astrologue Christine Haas). Elle est la mère de ses fils Romain, né le , et Davy, né le . Mais la tumultueuse relation qu'ils mènent durant plus de vingt années, ponctuée d'infidélités, les pousse au divorce en 1998. Le chanteur déclare entretenir un rapport amical avec elle depuis leur séparation.

Michel Sardou se marie une troisième fois le avec l'ancienne rédactrice en chef de Elle, Anne-Marie Périer. Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine, se charge de les unir dans sa mairie.

Le fait que son premier fils Romain soit devenu écrivain, mais surtout que son second fils Davy soit devenu comédien perpétue la dynastie d'artistes de la famille Sardou. Davy déclare dans une interview accordée au Figaro : « Il y avait quelque chose de magique. Je n'ai pas choisi ce métier par atavisme, je ne me suis pas dit que je devais continuer la dynastie pour que mes proches soient fiers de moi. Jouer, c'était une envie. »

Bien qu'il ait toujours été particulièrement discret sur sa vie privée, Michel Sardou a vu sa fille Cynthia mise sous les feux de la rampe médiatique en 1999. La journaliste, qui allait rejoindre son véhicule le soir du , est victime d'un viol collectif. Elle raconte ce traumatisme dans le livre Appelez-moi Li Lou, paru en 2005. Si elle a, durant de longues années, pris de froides distances avec son père, elle lui témoigne aujourd'hui une grande reconnaissance pour l'avoir soutenue.

Michel Sardou est aujourd'hui cinq fois grand-père : ses petits-enfants se nomment Loïs (fils de Sandrine), Aliénor, Gabriel, Victor-Scott (enfants de Romain) et Lucie (fille de Davy).

Il est également notoire que Sardou a entretenu des relations cordiales avec le président de la République François Mitterrand, malgré des opinions politiques a priori opposées, qui l'a par ailleurs décoré de la légion d'honneur. Il entretient aussi une amitié avec l'ancien président Nicolas Sarkozy qui a assisté à son concert le à l'Olympia, bien qu'il ait pris ses distances avec lui depuis.

Depuis les années 1970, il est passionné par les chevaux et le sport hippique. En 2011, il décide de s'impliquer dans ce domaine et achète peu à peu sept chevaux de course. L'un de ses chevaux remporte le Prix de Louvigny en 2015.

Après avoir habité en Corse, à Miami et à Megève, Sardou réside depuis 2010 dans un manoir du XVIe siècle situé à Bénerville-sur-Mer,, dans le Calvados, près de Deauville. Il possède une collection de près de deux mille livres anciens.

Opinions politiques

Bien qu'il soit toujours considéré comme un des principaux « chanteurs de droite » français (certaines de ces chansons lui ayant d'ailleurs valu d'être taxé de « fasciste », voir plus bas), Michel Sardou cite Pierre Mendès France et François Mitterrand parmi ses hommes politiques préférés : « Mes hommes politiques préférés sont morts : de Gaulle, Mendès, Mitterrand ». Il aurait également milité en faveur de Georges Pompidou. Pour Sophie Girault, il serait un anarchiste de droite, campant le plus souvent des personnages hostiles à la « facilité des idéaux conventionnels ».

Dans un entretien accordé à Paris Match le , il assume être de droite : « Je suis jeune et pourtant je suis de droite. Je vous le dis. Je ne vois pas ce qu’il y a d’antinomique dans cette affirmation. Je le répète donc calmement : je suis de droite », bien qu'il refuse de se « définir uniquement dans ce concept de droite ». Il poursuit en évoquant un positionnement négatif : « Quand j’affirme être de droite, c’est avant tout une réaction. Je hais le système socialiste au sens historique du terme. C’est-à-dire que j’accepte de vire [sic - vivre] dans ce qu’il a de primaire, un anti-soviétisme épidermique. Je commence à me croire de droite à partir du moment où je ne peux pas être de gauche. ». Il précise ensuite que son acception de la droite correspond à un « individualisme moral et social » et à « la tentation de me croire responsable de mon existence », et en exclut toute forme de xénophobie ou de racisme. Il rejette ainsi toute accointance avec les personnalités Charles Pasqua et Jean-Marie Le Pen.

Michel Sardou émet un avis général critique à propos de la classe politique actuelle. Il déclare aujourd'hui n'être « ni de droite, ni de gauche, mais chanteur populaire » et critique la mondialisation : « Aujourd’hui tu dépends d’un connard qui est à l’autre bout du monde, qui fait faillite et d’un seul coup 5 000 mecs en Provence sont au chômedu. Je n’aime pas cette mondialisation. Et le président ne peut pas y faire grand-chose ».

Ainsi, après avoir un temps soutenu Nicolas Sarkozy, il s'est finalement déclaré déçu par son action lors de son quinquennat, lui reprochant d'avoir beaucoup promis et peu tenu. Des déclarations qui furent peu appréciées par l'intéressé et qui valurent à Michel Sardou d'être convoqué à l'Élysée (un jour férié), pour le lui faire savoir. « On s'est expliqués, je lui ai redit que j'attendais autre chose de lui, de sa politique. Je suis reparti et il me fait toujours la gueule. Il est très rancunier. » Après cet épisode, il annonça en 2011 que pour la prochaine présidentielle, tout était possible, même qu'il vote à gauche, mais il vota blanc finalement.

Après l'élection de François Hollande, il annonce qu'il aurait finalement préféré un second mandat de Nicolas Sarkozy,. Il déclare en 2013 que « s'[il] avait 25 ans, [il] quitterait la France ». Concernant la gauche dans son ensemble, il affirme : « C’est pas la vraie gauche, c’est la gauche où il y a un malentendu. C’est à dire qu’avec la gauche les gens s’imaginent que les petits vont grandir et les gros vont maigrir et en fait, c’est les gros qui maigrissent et les petits qui maigrissent encore plus ».

Dans une interview accordée au Point en octobre 2019, Sardou critique également les deux finalistes de la présidentielle 2017. Il qualifie notamment le président Emmanuel Macron de « tanche » : « Il n'est pas charismatique. C'est un très mauvais acteur, il est froid, il est plat, c'est une tanche ». Mais il s'agit, pour lui, davantage d'un problème de style que de fond politique : « C’est intelligent ce qu’il dit, il a certainement raison de faire ses réformes, mais ça n’imprime pas ». Il critique aussi sévèrement Marine Le Pen : « Il est évident que je ne vais pas voter pour Le Pen, elle ne dit que des conneries ».

Il émet par ailleurs des réserves sur le système du suffrage universel, argumentant : « C'est le boulevard des promesses qui ne sont jamais tenues. N'importe qui peut se présenter. Moi, demain, si j'ai un peu de pognon, je m'inscris, je passe à la télé et je propose un programme, c'est ridicule ».

Identité et univers artistiques

Sardou interprète, auteur et compositeur

Sardou est avant tout connu en tant que chanteur. S'il sait jouer du piano et de la guitare, il faut attendre le Zénith 2007 pour le voir jouer de ces instruments sur scène (guitare sur Allons danser en ouverture et piano sur Cette chanson n'en est pas une, en rappel du concert).

S'il a très rarement écrit pour d'autres artistes (Chanter les voix pour Dalida, Vivre pour moi pour Séverine en 1971, Derrière une chanson pour Michel Fugain, Changement de cavalière pour Sylvie Vartan, La Femme d'un ange pour Mireille Darc), nombreux sont ceux qui ont collaboré avec lui. Ainsi, pour les compositions, on retrouve très fréquemment les signatures de Jacques Revaux, Jean-Pierre Bourtayre, Didier Barbelivien ou encore Pierre Billon, et ses paroliers les plus fréquents sont Pierre Delanoë, Didier Barbelivien, Jean-Loup Dabadie, Claude Lemesle et Pierre Billon.

Depuis 2000, Sardou ne collabore plus avec ces auteurs-là (sauf Barbelivien), ayant fait le choix du renouvellement de son équipe, en se tournant vers des personnalités plus jeunes, comme Jacques Veneruso, Robert Goldman (ce dernier écrivant pour lui sous le pseudonyme de J. Kapler) ou Daran, auteur de huit des vingt-trois chansons de l'album Hors format.

Toutefois, malgré ces collaborations, il présente un actif d'auteur et de compositeur, voire d'auteur-compositeur. Il est régulièrement parolier, puis compositeur occasionnel. Il est auteur et compositeur unique sur dix de ses titres : J'y crois (1978), L'Anatole, Méfions-nous des fourmis, Verdun (1979), Les Noces de mon père (1981), Mélodie pour Élodie (1985), 55 jours, 55 nuits, La Chanson d'Eddy (1992), Tout le monde est star (1994) et La Vie, la Mort, etc. (2004). Ainsi, il n'est pas seulement l'interprète d'un répertoire taillé sur mesure par des collaborateurs, mais bien un auteur à part entière, et un compositeur occasionnel, bien qu'il ne soit pas un auteur-compositeur-interprète au sens strict, c'est-à-dire l'unique artisan de la quasi-totalité de son répertoire.

Comment classer Sardou ?

Par la grande diversité des styles explorés et des thèmes abordés, Michel Sardou est difficile à classer dans une catégorie précise. Les qualificatifs les plus fréquemment employés pour le définir sont « chanteur populaire » (qu'il revendique) et «&nbs

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